Jean-Pierre Bel, président socialiste du Sénat, s'est exprimé lors du forum de la presse régionale. Petit florilège:

* le changement de majorité au Sénat: "(...) il règne un profond malaise dans les collectivités territoriales. On a fait régner sur les territoires une logique de soupçon. Les élus se sentent stigmatisés, accusés d'être trop dépensiers, de coûter cher à la nation".

* la rigueur au Sénat: "Je veux un Sénat à la fois plus moderne et plus modeste (...) J'ai proposé une baisse de 3% de la dotation de l'Etat, alors que nous passons de 343 à 348 sénateurs, et une baisse de 3% de la réserve parlementaire".

* les relations avec le gouvernement: "Elles sont extrêmement satisfaisantes d'un point de vue républicain (...) Mais je suis un peu surpris d'entendre des responsables à droite crier au scandale parce que le Sénat prend des positions différentes des leurs! Dans le débat sur le budget ou sur la loi de financement de la sécurité sociale, nous devons montrer qu'une autre politique est possible".

* Etats généraux de la démocratie territoriale: "Le moment est venu de se tourner vers les territoires et les élus car nous pensons que les solutions viendront du terrain. Nous allons adresser un questionnaire aux 550 000 élus communaux, suivi en janvier par des forums interrégionaux avant l'organisation de ces Etats Généraux à Paris fin février. Les conclusions seront mises à la disposition des candidats à la présidentielle".

* Plus de pouvoir au Sénat: "Je ne suis pas favorable à une modification de l'équilibre institutionnel. Il est normal que l'Assemblée nationale élue au suffrage universel direct ait le dernier mot dans la navette parlementaire. En revanche, le mode de fonctionnement et d'élection du Sénat date de 1958, bien avant la décentralisation et l'émergence d'autres collectivités dont les régions..."

Le vote des étrangers: "Si, dans ce pays, le droit de vote des étrangers aux élections municipales n'existe pas encore, (c'était) du fait de l'obstruction du Sénat. Aujourd'hui, nous avons donc une responsabilité particulière. C'est pourquoi nous allons déposer cette proposition de loi début décembre. Il ne s'agit pas d'agiter un chiffon rouge, mais c'est un sujet emblématique pour la gauche et les socialistes. Je pense que la France a suffisamment évolué pour pouvoir enfin se mettre en phase avec la plupart des pays".

d'après l'article d'Hervé Favre paru dans la Voix du Nord du 24/11/2011